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Restaurants, taxis, haute couture… L’univers d’Emily fait rêver. Mais la réalité économique de ce quotidien soulève quelques sérieuses incohérences.
La cinquième saison d’ Emily in Paris , disponible depuis le 18 décembre dernier, promet une nouvelle fois un Paris de carte postale. Mais derrière cette esthétique léchée se cache une question très concrète que les fans se posent depuis la saison 1 : combien faudrait-il réellement gagner pour vivre comme Emily Cooper dans la capitale ? Une étude menée par l’agence de marketing digital Searchbloom apporte une réponse sans appel : le train de vie de la jeune Américaine dépasse très largement ce que son salaire est censé lui permettre.
Une équation financière impossible dans la série Emily in Paris
Emily occupe un poste de cadre marketing au sein de l’agence Grateau. D’après les estimations croisées de Searchbloom, Glassdoor et Numbeo, son salaire annuel avoisinerait 42 000 euros, soit environ 3 500 euros par mois. Une rémunération confortable, suffisante pour vivre correctement à Paris, mais en complet décalage avec le train de vie que lui prête la fiction. Le véritable sujet n’est donc pas tant son niveau de revenus que l’écart vertigineux entre ce qu’elle gagne et la vie qu’elle mène à l’écran.
À son arrivée dans la capitale, Emily pose ses valises place de l’Estrapade, dans le Vᵉ arrondissement, au cœur du Quartier latin. Derrière l’illusion du grand studio baigné de lumière, l’appartement correspond en réalité à une petite chambre de 27 m², perchée au cinquième étage sans ascenseur. Sur le marché parisien actuel, un tel logement se louerait autour de 2 600 euros par mois, auxquels s’ajoutent près de 186 euros de charges. À l’année, le poste logement approche ainsi les 30 000 euros, soit plus des deux tiers de son salaire, avant même la moindre sortie, le moindre café ou la première robe de créateur.
Sorties et déplacements : combien coûte la vie parisienne d’Emily ?
Emily ne cuisine presque jamais. Dîners en ville, déjeuners improvisés, cafés et cocktails rythment ses journées. En se basant sur les habitudes visibles dans la série, ses dépenses de restauration atteindraient environ 3 055 euros par an, auxquelles s’ajoutent 215 euros de cafés et viennoiseries et 1 221 euros de cocktails et verres. À cela s’ajoute son refus catégorique du métro, compensé par un usage intensif des taxis, estimé à 2 780 euros par an. Son simple quotidien parisien, hors logement et vêtements, dépasse ainsi déjà 7 000 euros par an.
C’est toutefois dans son dressing que l’addition devient vertigineuse. Les experts financiers de New Casinos, cités notamment par le Daily Mail, ont estimé la valeur annuelle de la garde-robe d’Emily à 76 795 dollars, soit environ 72 200 euros. Chanel, Hermès, Balmain, Valentino, Prada, Isabel Marant, sans oublier la fameuse veste jaune Vassilis Zoulias à 53 987 dollars, près de 50 700 euros, soit l’équivalent de plus de trois SMIC annuels. Même en supprimant toute autre dépense, son seul budget vêtements dépasse largement son salaire annuel.
Le budget annuel d’Emily Cooper : des chiffres irréconciliables
En additionnant logement, sorties, transports et garde-robe, le train de vie d’Emily s’élève à environ 113 000 euros par an selon les estimations croisées. Face à un revenu annuel de 42 000 à 44 000 euros, le déficit dépasse 60 000 euros chaque année. Pour soutenir un tel mode de vie sans s’endetter, il faudrait percevoir au minimum 10 000 euros nets par mois, soit un revenu annuel proche de 120 000 euros. Une somme qui place Emily bien plus près des cadres dirigeants que de la jeune expatriée fraîchement recrutée qu’elle est censée incarner.
La saison 5 entraîne Emily à Rome, mais le problème reste le même. Dans la capitale italienne, le salaire moyen d’une responsable marketing serait encore plus bas, autour de 34 500 euros par an, rendant ce train de vie encore plus intenable. L’étude de Searchbloom conclut ainsi que, contrairement à d’autres personnages de fiction du marketing comme Shiv Roy (Succession), Don Draper ( Mad Men ) ou même Sylvie Grateau, dont les revenus sont cohérents avec leur luxe affiché, Emily Cooper incarne avant tout un fantasme financier. Un Paris de cinéma, séduisant, mais économiquement hors-sol.
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